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Obake : Etrangetés Japonaises

Le festival Obon, qui a lieu à la mi-août, commémore les esprits des ancêtres décédés. Naturellement, c’est la période de l’année où les Japonais aiment parler des obake (fantômes, esprits, monstres et gobelins) et participer à des événements liés aux obake.

Au Japon, il existe plusieurs contes d’obake. Obake, aussi appelé Bakemono, est dérivé du verbe bakeru (convertir) et fait référence à quelque chose qui diffère considérablement de ce qu’il devrait être. Dans la culture japonaise, les fantômes, les monstres, les fées, les lutins et les ogres sont tous considérés comme des obake. Le culte de la nature et l’animisme étant fortement ancrés dans la culture japonaise, les transformations naturelles telles que les arcs-en-ciel après la pluie, la verdure dans les bois, la métamorphose des insectes et des amphibiens, etc. sont fréquemment interprétées comme des signes.

Le bouddhisme a également eu une influence sur la création de la culture obake. Les traditions Obon, qui sont centrées sur le bouddhisme au Japon, en sont un bon exemple. On croit que les âmes des défunts visitent la terre et demeurent avec les vivants pendant la période Obon, qui dure quelques jours à la mi-août, généralement du 13 au 16. Les gens allument des feux de joie pour accueillir les esprits et leur dire adieu. Les feux de joie servent de guides aux esprits. Pendant Obon, les gens se rendent traditionnellement au cimetière de leur famille et offrent de la nourriture. Cette coutume est l’une des raisons pour lesquelles il y a plus d’activités liées au obake pendant cette saison que pendant toute autre.

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1. Pop culture et Obake

Pendant l’été, le kimodameshi est l’une des activités liées au obake les plus populaires. Il s’agit d’une forme de jeu en plein air qui teste le niveau d’endurance des participants à la terreur. Il se traduit littéralement par « test de votre estomac ». Un groupe ou un couple d’individus parcourt un chemin spécifique et revient au point de départ, qui se tient généralement dans des cimetières, des endroits terrifiants comme des maisons hantées, ou simplement des endroits lugubres. C’est un passe-temps fréquent dans les camps d’été.

Une autre attraction populaire est l’obake yashiki (habitations hantées). Les participants éprouvent des sensations fortes en se promenant dans des maisons aux décors effrayants, que l’on peut trouver dans des festivals ou des parcs à thème. Les participants sont effrayés par une série de farces qui se cachent à l’intérieur. Le type le plus conventionnel d’obake yashiki est une visite à pied, mais il en existe désormais de nombreuses variantes, notamment des manèges, des théâtres et des chambres fermées avec des images en 3D et un son surround.

Le rakugo, une bande dessinée japonaise classique, comporte également des sections régulières qui maximisent l’esprit de l’obake. Dans le rakugo, les thèmes d’obake sont saisonniers, et ils sont fréquemment joués en été. Il existe de nombreuses sortes d’histoires, allant de l’extrêmement terrifiant au comique de soulagement. « Obake Nagaya » (« Tenement hanté »), « Okyo no Yurei » (« Un fantôme dans le tableau d’Okyo »), « Sarayashiki » alias « Okiku no Sara » (« Haunted Plate Mansion », alias « Plates of Okiku »), et « Hettsui Yurei » (« Haunted Plate Mansion », alias « Haunted Oven »). Comme il n’y a pas d’assistance visuelle pendant le spectacle, le public n’est diverti ou refroidi que par la capacité des acteurs à prononcer leur texte.

Les personnages obake abondent dans les mangas et les anime, mais GeGeGe no Kitaro de Shigeru Mizuki est le plus connu. Il s’agit d’un récit sur une communauté dans le royaume des yokai qui a été publié pour la première fois en 1960 (les hobgobelins dans le folklore japonais). Kitaro, un jeune yokai né dans un cimetière, en est le protagoniste. Des séries animées télévisées, des films en prises de vue réelles et des jeux vidéo ont tous été basés sur GeGeGe no Kitaro.

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2. Obake est un personnage de Kabuki et de Noh

Les contes d’Obake sont populaires dans les films, les romans et même les mangas et les anime, mais ils sont également essentiels dans le théâtre traditionnel kabuki et nô.

Les représentations de kabuki, qui sont riches en action, tirent le meilleur parti d’effets visuels tels que le hayagawari, ou une métamorphose rapide devant le public. Les obake sont le sujet idéal pour des métamorphoses spectaculaires. Yotsuya Kaidan, un drame kabuki créé en 1825, est connu non seulement dans le théâtre kabuki mais aussi comme l’une des histoires de fantômes japonaises les plus connues de tous les temps. Il a été adapté au cinéma plus de 30 fois par la suite.

Les pièces de théâtre nô n’ont rien à voir avec le style du kabuki, avec des mouvements fluides et une musique méditative, mais elles sont inextricablement liées à l’obake. Un sous-genre du nô, appelé mugen nô, traite des esprits, des fantômes, des fantasmes et des mondes étranges. Dans la plupart des pièces, les personnages du royaume des vivants et du royaume des morts échangent de manière fluide.

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3. Lafcadio Hearn – Présentation au monde des histoires Japonaises de fantômes

C’est à Lafcadio Hearn, alias Yakumo Koizumi, que l’on doit l’introduction des histoires de fantômes japonaises dans le monde pour la première fois à la fin du XIXe siècle. Né en Grèce, il a commencé sa carrière de journaliste aux États-Unis avant d’accepter une commande de journaliste au Japon. Il est rapidement tombé amoureux de la culture intrigante de cette nation et a décidé d’en faire son foyer.

Les livres de Hearn, tels que Glimpses of Unfamiliar Japan, Kokoro : Hints and Echoes of Japanese Inner Life et, surtout, Kwaidan : Stories and Studies of Strange Things, ont fait connaître la culture japonaise au monde entier. Kwaidan a ensuite été transformé en le film susmentionné par Masaki Kobayashi.

Si vous vous intéressez à la vie de Hearn, nous vous recommandons vivement de visiter le musée commémoratif Lafcadio Hearn à Matsue City, dans la préfecture de Shimane. C’est ici qu’il s’est installé au Japon et qu’il a épousé Setsu Koizumi, une femme de la région.

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